NUMÉRO 22 - Lundi 5 septembre 2016

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CARRIÈRE PROFESSIONNELLE

 

UN UROLOGUE EN LUTTE CONTRE LES FISTULES OBSTÉTRICALES AU BURKINA FASO

Le Pr Gilles Karsenty est urologue à l’AP-HM, mais il est aussi secrétaire général de l’association marseillaise Espoir femme enfant (EFE), qui organise des missions régulières au Burkina Faso. L’objectif : permettre à des professionnels de santé français d’opérer les femmes atteintes de fistules obstétricales. Il raconte pour l’AFU les mille et une facettes de cet engagement.

« Une femme qui a une fistule est souvent répudiée : en raison de l’odeur d’urine, elle est mise au ban, complètement stigmatisée », explique le PU-PH. Bien que non mortelles, les fistules obstétricales sont un enjeu majeur de santé publique dans le monde : le programme End Fistula, coordonné par le fonds des Nations Unies pour l’aide aux populations (Fnuap), estime que deux millions de femmes en souffrent dans le monde. On compte 50 à 100 000 nouveaux cas tous les ans.

Face à de tels chiffres, Gilles Karsenty entend rester modeste. « Nous n’allons pas remplacer MSF ou le Fnuap », reconnaît-il. « Nous voulons simplement créer un modèle à petite échelle, qui serait reproductible et irait de la détection des patientes à la réhabilitation après la chirurgie. » C’est pourquoi les activités d’EFE se concentrent sur un seul endroit : la ville de Boromo, dans la province de Balé. Une quinzaine de missions impliquant une dizaine de praticiens français, urologues et gynécologues, y ont été organisées depuis 2010, en partenariat avec une association locale. C’est ainsi 257 femmes qui ont pu être opérées, avec un taux de succès (fermeture du trajet fistuleux) allant de 64 % à 73 %.

L’accent sur la formation
En plus d’organiser la prise en charge des patientes souffrant de fistules par des praticiens européens, EFE mise sur la formation. Deux chirurgiens burkinabés ont ainsi pu se spécialiser dans cette pathologie. Un réel plus pour les populations, car la chirurgie de la fistule repose avant tout sur les compétences du chirurgien. « Ce n’est pas une chirurgie complexe en terme de matériel », indique Gilles Karsenty. « Il faut une bonne lumière, une rachianesthésie parfaitement maîtrisée par le personnel local, et une boîte d’instruments qui tient dans un sac à main ».

Quand on lui demande de quoi l’association a besoin, le chirurgien mentionne évidemment l’argent. « Il faut adhérer, faire des dons », sourit-il. Et des bras supplémentaires ? Oui, mais pas n’importe comment. Gilles Karsenty met en garde les urologues contre le tourisme chirurgical. « J’aimerais être en capacité de dire que nous pouvons prendre des gens, les former, mais le risque pour nous est de nous transformer en tour operator de la fistule », remarque-t-il. « Il ne s’agit pas juste de partir, il faut aussi préparer sa mission et les suivantes, aller chercher des financements… » Difficile, selon lui, de trouver des médecins suffisamment motivés pour s’investir dans tous ces aspects.

Demain, Madagascar
Malgré ces difficultés, EFE tient le coup : après une interruption des missions causée par l’instabilité politique au Burkina, les activités devraient reprendre fin 2016, et s’étendre à Madagascar. L’association marseillaise travaille désormais en partenariat avec un homologue canadien, Humaniterra, ce qui leur permet de voir plus grand. L’objectif ? Monter « un lieu de traitement pérenne pour ces patientes abandonnées de tous », explique Gilles Karsenty. On ne peut que souhaiter la pleine réussite de ce projet.

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