Cystite récidivante de la femme

Cystite récidivante de la femme : une cause peut en cacher une autre

En France, chaque année, près d’une femme sur dix aura une cystite. 20% d’entre elles présenteront un nouvel épisode et 30% de celles-ci récidiveront encore. On parle de cystite récidivante lorsque le nombre des cystites dépasse quatre par an. Si leur prise en charge est complexe, il faut avant tout rechercher des causes.

Ces cystites récidivantes de la femme peuvent survenir à tout âge de la vie : dans l’enfance, au début de la vie sexuelle ou après la ménopause. Brulure urinaire, douleurs pelviennes, hématurie, dyspareunie, pollakiurie, urgenturie, fatigue… tel est le cortège de signes cliniques bien connus.

La prise en charge nécessite de trouver la cause, ce qui n’est pas souvent facile. Quatre anomalies doivent être recherchées : anomalie organique, fonctionnelle, comportementale et enfin une cause psychogénique.

1. LES ANOMALIES ORGANIQUES

a. Anomalies constitutionnelles : elles se révèlent souvent dans l’enfance et sont facilement diagnostiquées par une échographie, un scanner ou une cystographie rétrograde. Ces examens sont en effet nécessaires pour diagnostiquer un reflux vésico-urétéral, une hydronéphrose ou tout autre malformation du tractus urinaire.

b. Anomalies acquises : ce sont essentiellement les sténoses du méat urinaire (souvent traumatiques), les brides hyménéales qui peuvent attirer le méat en arrière lors des rapports et ainsi favoriser les cystites (cystite post-coïtale). Il peut s’agir également d’hypotrophie vaginale après la ménopause qui entraine une fragilité de l’urètre et donc une perméabilisation de la barrière contre les bactéries. Les troubles de la statique pelvienne (cystocèle, rectocèle ou prolapsus utérin) sont également à rechercher. Enfin, il peut également exister un foyer infectieux qui « réensemence les urines » comme une lithiase urinaire, un abcès profond ou une fistule de l’appareil urinaire.

2. LES ANOMALIES FONCTIONNELLES

Toute anomalie de la vidange vésicale peut causer une infection urinaire. La stase post-mictionnelle est une cause fréquente d’infection. Le plus souvent, c’est l’absence de vidange complète de la vessie qui est à l’origine de la pullulation bactérienne. Il faut donc toujours insister sur la nécessité de prendre son temps pour uriner : minimum 3 minutes aux toilettes… et c’est long 3 minutes !

3. LES ANOMALIES COMPORTEMENTALES

Les anomalies comportementales sont de loin les causes les plus fréquentes de cystite récidivante. Il est donc opportun de rappeler les règles simples pour éviter les récidives :

  1. Éviter les bains trop longs avec barbotage périnéal qui favorise le contact des germes du périnée postérieur et du vagin avec les voies urinaires : la brièveté de l’urètre féminin fait que les germes remontent facilement jusqu’à la vessie.
  2. L’essuyage doit se faire d’avant en arrière.
  3. Pas de toilette vaginale « agressive », pas de savon trop « décapant ».
  4. Prendre son temps pour uriner, ne pas se retenir, ne pas pousser, éviter la constipation et bannir les vêtements trop près du corps.
  5. Et surtout assurer une bonne diurèse, le plus important ce n’est pas ce que l’on boit, mais ce qu’on urine : minimum 1,3 l par jour. Il faut demander à la femme de faire un calendrier mictionnel pour avoir une idée précise de la quantité d’urine émise sur 24h.

4. LES ANOMALIES PSYCHOGENIQUES

La cystite récidivante peut aussi être l’expression d’un mal être ou encore la somatisation d’un trouble de l’humeur.

Il peut s’agir également d’une somatisation réactionnelle à des sévices comme des viols, ou un harcèlement sexuel. Pour certains psychiatres, la cystite récidivante peut également être l’expression d’une demande de prise en charge et d’une recherche de bénéfice émotionnel…

Pour en savoir plus :

Rédacteur : Urofrance
Réalisation : Axoïde
Valide HTML 5  Valide CSS  Optimisé pour Firefox  Construit avec Typo3