La SFU (SFG à partir de 2002) de 1919 à nos jours

Les chiffres traduisent un certain conservatisme, un immobilisme certain. La SFU a, quelque soit l’époque, toujours eu du mal à soulever les enthousiasmes urologiques bien que nous soyons nombreux à y être attachés

Les membres

  • 1919 - 1967 : 30 parisiens 15 provinciaux (en 1919 l’AFU compte 204 membres français : 90 parisiens et 114 provinciaux)
  • 1967 - 1971 : 30 parisiens 33 provinciaux
  • 1971 - 1978 : 70 titulaires 20 correspondants
  • 1978 - 2002 : 120 membres
  • 2002-…(SFG) : 120 membres + 50 étrangers

Les lieux de réunion

  • 1919 - 1967 : amphi d’urologie Necker
  • 1967 - 1970 : Cochin
  • 1970 - 2002 : Tournante dans les services parisiens et institution de la séance provinciale dont la première s’est tenue en mai 1968 à Montpellier.

Les séances

  • 1919 - 1968 : 2ème lundi du mois 17h00 (8 à 9 séances… réglementairement)
  • 1968 - 1982 : 3ème lundi (journée) 5 réunions à Paris et 1 en province
  • 1982 : 2 à Paris et 1 en province) (en fait le plus souvent 3+1)
  • 1988 : passage au vendredi
  • 2002 : 2 réunions parisiennes + 1 réunion provinciale

Les publications des présentations et des discussions

  • Bulletin SFU 1919 - 1940
  • Journal d’urologie 1940 - 1979
  • Annales d’urologie 1980 - 1994
  • Progrès en Urologie 1994 - 2002 (très irrégulièrement)

Le manque d’enthousiasme chronique pour la SFU se retrouve dans les propos de plusieurs présidents de la SFU à l’occasion de leur discours annuel (le discours du président a pratiquement disparu dans les années 90) : quelques exemples :

  • DOSSOT 1951 : « Votre société est restée ce qu’elle était, un club d’honnêtes gens qui aiment se réunir pour parler de leur passe temps favori, l’urologie. »
  • VIOLLET 1954 (ambigu) : « Vous êtes le Sénat de l’urologie »
  • LEROY 1955 : « La SFU serait-elle à l’agonie ? »
  • COUVELAIRE 1959 : « La SFU a l’allure d’un cercle, son charme aux dépens d’une noble charpente. »
  • BOUTEAU 1965 : Propose de réunir AFU et SFU

Les enthousiastes existent cependant parfois déterminants comme en 1968

  • GAYET 1968 : « Ces dernières années ont marqué un net déclin de notre société, beaucoup de nos séances étaient squelettiques, tant par la pauvreté des communications que par le peu de participants …
    …La fusion avec l’AFU proposée maintes fois n’est pas souhaitable tant sont différents les buts…
     »
  • GAYET 1969 : « On me prédisait que je serais le fossoyeur de la SFU, il était préférable de trouver une solution pour la ranimer »

La limitation du nombre des séances et la création d’une journée provinciale étaient une évolution nécessaire, qui est, oh combien appréciée chaque année depuis plus de 40 ans !

Ainsi la SFU créée par Legueu ressemblait plus à une académie d’urologie qu’à une société savante démocratique. L’espoir était de réunir l’élite des urologues français pour discuter et mettre en lumière les travaux de l’école française d’urologie.
Elle avait au départ des handicaps : son caractère fermé (qui aurait pu évoluer, mais n’a malheureusement toujours pas évolué) le nombre des séances et leur horaire qui limitaient la participation des « provinciaux », la cohabitation avec son aînée l’AFU qui avait aussi un président et un bureau faisant courir le risque de malentendus.

Tant que le père fondateur a été présent et très autoritairement actif dans la conduite des séances, la SFU n’a pas été contestée. Il est vrai que l’urologie vivait un peu sur ses lauriers et que les urologues passaient grande partie de leur temps à traiter la tuberculose urogénitale et les sténoses uréthrales. La seule grande avancée de cette époque venait d’Allemagne et d’Amérique : l’urographie intraveineuse.

Une preuve que le principe de fonctionnement de la société donnait satisfaction est la fondation de sociétés régionales : société française d’urologie du Sud-Est en 1933 (année du départ en retraite de Legueu) qui, sous le nom de SFG du Sud-Est reste en 2009 très active puis société du Sud-Ouest puis d’autres plus éphémères.

Puis vint la seconde guerre mondiale, interrompant de nombreuses activités académiques, y compris celles de la SFU. Les années 1950-1980 auraient pu être l’occasion d’une grande participation scientifique de la SFU. En effet avec l’apparition après la guerre, des antibiotiques et de la réanimation, cette période fut celle des exploits chirurgicaux en urologie. Les comptes rendus des séances en font état, mais les publications importantes sont faites ailleurs. La SFU souffrait aussi alors de la concurrence de journées de présentations et discussions organisées par plusieurs grandes équipes nationales et aussi de la création de clubs générationnels (de 20 à 30 membres) qui témoignaient cependant du dynamisme de la spécialité dans notre pays (le 1er club d’urologie fondé en 1974 à l’initiative de J. Cukier a fourni 14 présidents de congrès de l’AFU et le CUP, formé peu après, en a déjà fourni 8 !).

Les années 80 ont vu plusieurs éléments bouleverser notre spécialité, la lithotritie extracorporelle et la diffusion du PSA allaient conduire à une transformation de la pathologie et de la pratique urologique. L’intérêt de l’industrie pharmaceutique pour notre spécialité allait modifier rapidement les techniques et les lieux de la transmission du savoir. Le temps d’une société savante qui n’organise pas de grand congrès était révolu.

Heureusement, en France, l’Association française d’urologie a dans les années 80 trouvé un deuxième souffle qui a considérablement dynamisé l’urologie française puis francophone.

L’entrée dans le troisième millénaire justifiait une réflexion existentielle des membres de la SFU-SFG.

Le changement de nom de la société décidé en 2002 supprimait toute ambiguïté. La décision de limiter le nombre de séances annuelles à 2 semblait raisonnable. Les coupler avec les réunions de ceux qui ont en charge l’enseignement de l’urologie paraissait une bonne initiative et peut-être une sorte de retour aux sources.
Cependant, du fait de la diversification de l’urologie et de l’évolution vers des spécialisations dans la spécialité, force est de constater que les discussions fructueuses et enrichissantes se font et se feront au sein de groupes de la même sous spécialité.

La présentation de cas cliniques suivie de discussions transgénérationnelles qui avait été un attrait de la SFU ne justifiait sans doute plus, à l’ère de l’internet, des réunions d’une société nationale.

SFG 2011

La majorité des membres de la SFG réunis en assemblée générale en décembre 2011 ont décidé à une grande majorité de dissoudre la SFG. La SFG appartient donc, à partir de cette date à l’histoire de l’urologie française.

Rédacteur : Urofrance
Réalisation : Axoïde
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